Au centre, cette dimension

Au ventre, la question

Au nœud de l’algorithme


D’un ennui mortel

Nait le buisson

Les gens restent pas

Les gens se barrent

trop occupés pour stagner

pauvre vie

le temps les perd

ils ressentent plus

les observations

tout compliqué

les pauvres

ils sont à plaindre

Les gens courent

Les gens se cassent

les gens comme toi

t’es tout d’un coup puis t’es plus rien

sans explication

ils savent pas

Les gens ignorent

fauchés

secs

c’est même plus eux qui pensent

on leur dit juste de pas s’arrêter

dissociés

ceux qui comprennent pas sont cons

restent tristes ou mal accompagnés

pauvres, putain

le reste c’est pour les faibles

toi t’as pas le temps pour ça

pour t’expliquer

à toi-même

tes problèmes

Les gens passent

Les gens s’évaporent

ça dure que quelques semaines

à chaque fois

t’es pas censée les oublier mais quand même

pose pas trop de question

ça les fait chier

Et j’en gueule

Et j’en chie

Et je rame

Et j’en ai marre

Quelle douleur de laisser couler les gens, les laisser partir, s’évaporer. Quelle absurdité de ne rien comprendre à ce qui se trame, à ce qui nous lie. Quel ridicule cette vie où rien n’est dit et tout est interprété. Je préfère rester accrochée à mon pilonne de vérités vraies

que de laisser les gens couler

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